Analyser ses recrutements

Robotisation, automates, révolution numérique.. Les débats s’enchaînent dès que l’on parle de digitalisation. Pour certains, nous sommes voués au chômage technologique, pour d’autres la domination des machines sur l’homme est en marche… Il serait peut-être temps de revenir à des propos plus terre à terre, non ?

Quelles sont les conséquences de la digitalisation des ressources humaines ?

 

Le digital, le digital… Le digi-quoi ?

On entend parler du digital à tout-va : digital ceci, digital cela… Tout le monde utilise ce terme, mais qu’est-ce qui se cache derrière ? Si on posait la question à 100 personnes, je suis sûr qu’on obtiendrait presque autant de réponses différentes.

Difficile de trouver une définition unanime, mais je vais tenter de vous en donner une. Le digital regroupe l’ensemble des processus liés à l’automatisation des tâches par des systèmes numériques, ainsi que la modification des usages par l’avènement du web 2.0 et des interactions qui en découlent. Concrètement, cela se matérialise par la modification des canaux de communication qui bouleversent les habitudes de la société (réseaux sociaux, tablettes, smartphones).

A l’échelle de l’entreprise, l’enjeu est d’appliquer les outils digitaux pour augmenter la productivité et fluidifier l’échange entre les différents services. Mais également d’appréhender les usages du web pour déployer une stratégie digitale.

Comme conséquence directe, on peut citer l’uberisation de l’économie avec des services comme Uber évidemment, Airbnb ou Blablacar, qui permettent de mettre en relation directe vendeurs et clients de manière instantanée via des applications. Alors, y voyez-vous plus clair ?

 

Un exemple de digitalisation concret avec Amazon

Avant d’aborder les conséquences de la digitalisation au secteur des ressources humaines, je souhaite revenir sur un cas concret et déjà en place aujourd’hui. Et cela se passe dans l’entrepôt d’Amazon, situé à Patterson, aux Etats-Unis. Aujourd’hui, l’entreprise se sert de robots qui déplacent les étagères, afin de limiter le déplacement des préparateurs de commande. Résultat : 3 fois plus de productivité et 2 fois plus d’embauche. Quant à l’humain, il est toujours indispensable puisque c’est lui qui effectue le contrôle qualité à la fin de la chaîne.

Cet exemple est parlant à mon sens et illustre bien la digitalisation aujourd’hui. La digitalisation est un outil pour accompagner l’humain et doit lui permettre de mieux réaliser ses tâches au quotidien. Elle doit limiter les tâches corvées pour permettre aux hommes de se concentrer sur les tâches où ils apportent une réelle valeur ajoutée.

 

 

Quel impact sur les ressources humaines aujourd’hui ?

 

1. Des algorithmes de plus en plus complexes

Grosso modo, les algorithmes sont une suite d’éléments permettant de résoudre un problème donné. Pour une explication simple et claire, je vous invite à consulter l’excellent article du blog Sweet Random Science. A la base de tout outil numérique, ils permettent de développer des programmes de plus en plus complexes. Ces programmes sont déjà capables de prendre leurs propres décisions, et de sélectionner les  CV les plus pertinents à votre place. Pire, ces fameux algorithmes seraient plus efficaces lors d’un recrutement que les recruteurs organiques ! Et ce n’est qu’un début !

 

2. Des robots recruteurs ? Déjà en marche m’sieur !

Après la présélection des candidats menée par un algorithme, une nouvelle étape à été franchie. Vous aviez peut-être entendu parler du robot Mathilda, développé il a quelques années. Son but est de comprendre et de s’adapter aux réactions humaines.

Ce robot est aujourd’hui testé pour mener des entretiens d’embauche face aux candidats. A l’aide de plus de 70 questions, il a pour objectif de quantifier les compétences des postulants et d’effectuer un premier filtre pour le recruteur. Et son inventeur nous affirme que Mathilda est d’ores et déjà capable de s’adapter à nos émotions. Alors, un robot recruteur qui nous réconforterait suite à un entretien raté, c’est pour bientôt ?

 

 

Les ressources déshumanisées, c’est pour demain ?

 

Restons mesuré et pragmatique !

A l’heure où l’optimisme pour la digitalisation et la robotisation est de mise, mieux vaut garder les pieds sur terre et éviter de fantasmer. Vous remarquerez que de nombreux articles traitants du sujet prennent appui sur des œuvres de science-fiction comme Matrix, Terminator, 2001 : l’Odyssée de l’Espace et j’en passe. Or si le sujet est si enflammé, c’est car ces œuvres culturelles abreuvent nos fantasmes depuis des années.

Mais à l’heure actuelle et à moyen terme, on est encore très loin de la science-fiction ! Une étude de la Oxford University prévoit que la digitalisation sera responsable de la disparition de près de 50% des métiers à moyen terme. Cette étude, largement relayée depuis (elle a été publiée en 2013) est à tempérer. En effet, l’OCDE conteste la méthode employée par les deux chercheurs et estime plutôt à 9% le nombre d’emploi menacé en moyenne pour l’Union européenne. De quoi pondérer les attentes !

 

Human after all

Si la digitalisation des processus impacte le secteur des ressources humaines, difficile de croire que le recruteur est voué à devenir obsolète. Si le créateur de Mathilda vante l’objectivité des robots, dénués de préjugés et donc plus objectifs que nous, c’est justement ce qu’ils leur manquera pour remplacer l’homme.

Le recrutement n’est pas qu’une affaire de compétence et d’analyse. L’émotion y est primordiale, que ce soit pour les candidats et les recruteurs. Si la digitalisation permet de faire gagner du temps aux recruteurs, un recrutement sans intervention humaine est difficilement envisageable. Et sans aller jusque-là, rien que trier les CV automatiquement par des logiciels fait débat.

Ce n’est pas un hasard si l’entreprise Google, qui traite plusieurs millions de candidatures par an, est revenu à un tri manuel après avoir tenté d’automatiser cette fonction. Risque d’obtenir des candidatures « clones », passer à côté de profils atypiques… Les processus numériques ont également leurs faiblesses !

 

Le métier de recruteur évolue en conséquence

La digitalisation ne doit pas être perçue comme un danger mais comme un outil au service de l’homme. Le rôle des outils reste d’accomplir les tâches où ils sont meilleurs que nous, à savoir les tâches corvées et sans valeur ajoutée. Jeremy Rifkin, précurseur en matière de digitalisation et auteur de La fin du travail, estime que la digitalisation ne va pas « éliminer les emplois mais au contraire en créer de nouveaux » (voir l’article du Figaro).

Plus probablement, le métier de recruteur n’est pas voué à disparaître mais à évoluer. L’attention accordée aux candidats et à l’image de l’entreprise deviennent les enjeux principaux des recruteurs. Finalement, la digitalisation leur permets de se concentrer sur le cœur de leur métier et non sur les tâches chronophages.

 

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